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Quels sont les effets secondaires du traitement du cancer de la prostate ?

+ Tout développer - Tout réduire
+ L'incontinence urinaire

Parmi les effets secondaires indésirables liés au traitement chirurgical du cancer de la prostate, l’incontinence urinaire est l’un des effets les plus fréquents. Cet effet secondaire peut également apparaître après un traitement par radiothérapie ou curiethérapie. (1)

Suite au traitement chirurgical  

L’incontinence urinaire est fréquente dans les semaines suivant l’ablation totale de la prostate et des vésicules séminales (prostatectomie totale). Elle est liée au fait que le fonctionnement normal du muscle de la vessie et du sphincter est momentanément altéré au cours de l'opération. Les fuites urinaires sont provoquées par une contraction insuffisante des fibres musculaires du sphincter. Le plus souvent la fonction du sphincter s'améliore rapidement, dans les 2 semaines qui suivent l'intervention, ou parfois plus progressivement, pendant environ 3 mois. (1, 2)

Il est exceptionnel que cette incontinence urinaire soit permanente et définitive après la prostatectomie totale. Cela touche en effet moins de 3 % des patients. Et dans ce cas, cette incontinence se limite le plus souvent à des fuites lors d’efforts particuliers, comme le port d’une charge lourde par exemple. (2)

Suite à la radiothérapie ou la curiethérapie

Des traitements du cancer de la prostate par radiothérapie ou curiethérapie peuvent également être à l’origine d’une incontinence urinaire. Il s’agit le plus souvent d’un effet indésirable survenant plus tardivement. (1)

Prise en charge et traitement

Les chirurgiens urologues peuvent proposer, pour certains patients, une rééducation urinaire (ou sphinctérienne) juste avant ou après la prostatectomie. Cette rééducation présente l’intérêt d’accélérer le retour à la normale et d’améliorer ainsi la qualité de vie du patient. (1)

La continence s’améliore progressivement au cours du temps. Si elle ne s’améliore pas au bout de 3 à 6 mois, on peut alors envisager un éventuel traitement permettant de la réduire. (2)

Dans moins de 5 % des cas, l’incontinence peut persister 1 an après le traitement. D‘autres traitements sont alors à envisager avec votre médecin : injections intrasphinctériennes, ballonnets periuréthraux, bandelettes sous-uréthrales, sphincter artificiel. (1, 2)

Quelques conseils pour la vie quotidienne(2)

  • Evitez l'alcool et la caféine (irritant la vessie)

Quelle est la cause de l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire est liée à une altération momentanée du fonctionnement normal du muscle de la vessie et du sphincter(1).

Y-a-t-il différentes formes d’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire peut être soit complète (perte du contrôle des sphincters qui retiennent l’urine dans la vessie), soit incomplète, survenant le jour (à la marche, lors d’une effort) ou la nuit, en alternance avec un contrôle normal(1).

Il existe plusieurs types d’incontinence:

  • l’incontinence à l’effort: c’est la forme la plus commune due à une augmentation de la pression abdominale provoquée par un effort physique, le port de charges lourdes, une toux…(2)
  • l’incontinence par regorgement: c’est une vidange incomplète de la vessie due à un défaut de sa contraction(2)
  • l’incontinence urinaire par impériosités, due à des contractions involontaires de la vessie(2)
  • Est-ce un effet secondaire de tous les traitements ?

L’incontinence urinaire touche en majorité les patients ayant subit une prostatectomie(2). Elle est peu fréquente après une radiothérapie(2,3). Après une curiethérapie, des difficultés transitoires pour uriner peuvent apparaitre (sensation de brûlure ou d’irritation, envies fréquentes et urgentes, gêne pour uriner) pouvant persister pendant quelques mois(3).

Comment réduire l’incontinence urinaire ?

Pour réduire l’incontinence urinaire, une rééducation peut être effectuée juste avant ou après l’intervention (rééducation sphinctérienne(1). Elle aide à réduire les conséquences urinaires liées à l’intervention et à favoriser le retour de la continence urinaire: exercices de rééducation du plancher pelvien, stimulation électrique,médicaments(2,3)... Votre participation active est nécessaire(3). N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Est-ce un état qui restera permanent ?

L’incontinence urinaire permanente et définitive après une prostatectomie totale est aujourd’hui exceptionnelle (moins de 3% des patients)(1,3).

 

Sources

INCa / HAS, Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancer de la prostate (Guide-Affection de longue durée), Janvier 2012

Site web de l’INCA www.e-cancer.fr, pages dédiées au cancer de la prostate, consultées le 11 septembre 2015

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Prostatectomie-totale/Effets-secondaires

 

 

Références bibliographiques

(1) Les traitements du cancer de la prostate, collection Guides patients Cancer info, Inca. Novembre 2010.

(2) Mirza et al. Erectile dysfunctionand urinaryincontinence afterprostate cancer treatment. Seminarin oncologynursing. Vol 27 (4):278-289. November2011. 

(3) Comprendre le cancer de la prostate. Inca. 2004

 

 

 

+ La sexualité

Conserver une sexualité satisfaisante est un des principal souci d’une majorité d’hommes confrontés au cancer de la prostate. L’impact émotionnel et relationnel de ce cancer est lourd de conséquence et ne doit pas être négligé(1). Même si votre sexualité est perturbée par les différents traitements, vivre sa sexualité reste possible.

Lors de la prise en charge de votre cancer, il arrive que le sujet de la sexualité soit peu, voire pas abordé en consultation car la sexualité fait partie de votre sphère intime et privée(2).

 

Pourquoi est-ce que je rencontre des troubles sexuels ?

Tous les traitements du cancer de la prostate peuvent perturber, à différents niveaux, votre vie sexuelle(2).

  • Après prostatectomie : Ce traitement peut altérer des nerfs et parfois des vaisseaux qui participent à l’érection. Elle peut alors devenir insuffisante ou impossible alors que la sensibilité de la peau de la verge, la sensation d’un orgasme et le désir peuvent rester normaux(2). Grâce à une prise en charge spécialisée, certains patients peuvent récupérer des érections normales(1). L’ablation complète de la prostate entraîne aussi l’absence d’éjaculation et l’infertilité. L’orgasme s’accompagne alors de contractions rythmiques et involontaires des muscles sans émission de sperme(2)
  • Après radiothérapie : Ces traitements peuvent perturber l’érection, l’éjaculation (quantité de sperme plus faible) voire induire des troubles de l’orgasme(4,5). Ces troubles peuvent apparaître pour certains patients très rapidement après l’irradiation et augmenter progressivement au cours des 3 premières années après le traitement(1)
  • Après hormonothérapie : Les traitements hormonaux visent à supprimer la sécrétion de testostérone (hormone mâle secrétée principalement par les testicules qui détermine la conduite sexuelle et l’érection). Ces traitements entraînent une altération de la vie sexuelle avec en particulier une diminution du désir, une insuffisance de l’érection ou encore une altération de l’orgasme(2) - Cependant si le traitement par hormonothérapie est de courte durée, les effets sont en principe réversibles(1)
  • Après une chimiothérapie(2) : En principe, la chimiothérapie n’altère pas les nerfs et les artères qui participent à l’érection. C’est la fatigue, le choc psychologique, les effets secondaires comme l’anémie qui peuvent être à l’origine de troubles sexuels et de modification du désir. Généralement, avec une prise en charge des effets secondaires ou après arrêt de la chimiothérapie votre sexualité pourra reprendre comme avant le traitement

Quelles sont les solutions envisageables ?

En cas de troubles de l’érection(4)

En cas de troubles de l’érection, il existe différents moyens de prise en charge :

Les médicaments :

  • Les comprimés à avaler : Ils améliorent l’érection et entraînent une meilleure irrigation sanguine du pénis. Ils doivent être pris environ une heure avant la relation sexuelle et l’érection peut durer jusqu’à une heure ou plus. Ces traitements sont des « facilitateurs » de l’érection. Ils n’entrainent une érection qu’en cas de préliminaires(1)
  • Les injections : Elles maintiennent le sang dans le pénis et produisent une érection. L’érection survient de manière automatique et rapidement après l’injection du médicament et peut durer 30 à 90 minutes
  • Les pompes à vide : Ces dispositifs attirent le sang jusqu’au pénis. L’érection peut durer jusqu’à 30 minutes
  • Les implants péniens ou prothèses : Il en existe deux types : les implants semi-rigides (tuteurs dans la verge) et les implants gonflables. Installés dans le pénis par intervention chirurgicale, ils facilitent l’érection

 

Est-ce définitif ?

Après un cancer de la prostate, de nombreux hommes continuent d’entretenir des liens affectifs solides et ont une vie sexuelle satisfaisante(3).

Les problèmes d’érection ne sont pas toujours définitifs. L’érection peut revenir quand votre état général est restauré et après une chirurgie ayant respecté les nerfs de l’érection(1).

 

Comment retrouver une vie sexuelle épanouie ?

Communiquez avec votre partenaire. Les modifications physiques liées aux traitements et notamment les difficultés sexuelles peuvent modifier les relations au sein de votre couple. L’absence de communication et le repli sur soi accentuent la crainte et l’anxiété. Prenez le temps de vous rassurer mutuellement, retrouver votre intimité et aménager votre vie conjugale.

Une discussion franche avec votre partenaire peut également être nécessaire(2,7).

Dialoguez avec l’équipe soignante; elle est là pour vous aider, ainsi que votre partenaire, à gérer les difficultés sexuelles liées à la maladie et ses traitements(7).

  • Continuez en couple une activité intellectuelle, physique ou encore de loisir est essentiel(2)
  • Consultez un(e) psychologue, un(e) sexologue avec votre partenaire peut s’avérer utile et faciliter la communication au sein du couple.

 

Quelques idées fausses(8)

  • Le cancer n’est pas une maladie contagieuse ; il ne se transmet pas par voie sexuelle, ni par le contact d’objet ou de la personne(2)
  • La radiothérapie ne rend pas l’homme radioactif
  • La chimiothérapie ne contamine pas votre partenaire
  • Le cancer ne résulte pas d’une faute sexuelle
  • La reprise des relations sexuelles ne favorise pas la rechute
  • L’abstinence sexuelle après le traitement n’est pas le prix à payer pour guérir !

 

Quelques conseils pour la vie quotidienne(2,7)

  • Communiquez avec votre partenaire et l'équipe soignante. Si besoin, consultez un psychologue ou un sexologue
  • Prenez le temps de vous rassurer mutuellement, de retrouver votre intimité et d'aménager votre vie conjugale
  • Continuez à pratiquer avec votre conjoint une activité intellectuelle, physique ou un loisir

 

Reférences bibliographiques :

(1) Colson et al. Sexualité et cancer de la prostate. Progrès en urologie. 2012;22,S72-S92.

(2) La Ligue contre le cancer. Sexualité et cancer. Information destinée aux hommes. Juin 2011.

(3) Huyghe E. et al. Dysfonctions sexuelles après curiethérapie et radiothérapie externe de la prostate pour cancer de la prostate localisé. Progrès en Urologie. 2009;19(Suppl4):S173-176.

(4) Inca. Les troubles de l’érection. Février 2010.

(5) Desgrandchamps F. et Cuzin E. Le cancer de la prostate. Tout comprendre pour tout savoir. Ed.Manise 2005.

(6) Inca. La sexualité et le cancer de la prostate. Février 2010. 

(7) SOR Vivre pendant et après un cancer. SOR. La ligue contre le cancer. Octobre 2007

(8) Wisar M. Cancer et sexualité masculine. Rev Med Suisse 2008;4:2618. 

+ La douleur

La plupart des patients traités pour un cancer ressentent des douleurs à un moment donné. La maladie, les traitements et leurs effets secondaires peuvent entraîner des douleurs physiques importantes. Ces douleurs ne doivent pas être minimisées, surtout si elles durent et même si elles sont peu intenses. La douleur n’est pas une fatalité et n’est pas forcément un signe de gravité. Elle doit être signalée au plus tôt à l’équipe médicale(1).

A l’heure actuelle, les professionnels de santé déploient de plus en plus de moyens pour évaluer et soulager la douleur. 

Que faire en cas de douleur ?

Parlez-en à votre médecin 

Afin de traiter la douleur le plus tôt possible, informez votre médecin traitant, votre cancérologue ou l’équipe soignante dès que vous avez mal(1).

L'équipe douleur, qu'est ce que c'est ?

Elle est composée de spécialistes issus de différentes disciplines : médecins généralistes, oncologues, anesthésistes, psychiatres, neurologues, rhumatologues, psychologues, infirmières, kinésithérapeutes… Ces professionnels travaillent ensemble pour chercher les meilleurs moyens de vous soulager(2).

Quelles peuvent être les causes de ma douleur ?

Les douleurs liées à ma tumeur

Le plus souvent, le cancer se développe sans faire mal, en silence. C’est ce qui le rend si difficile à diagnostiquer. La tumeur n’a aucune sensibilité, elle n’est pas douloureuse. Pour qu’un cancer fasse mal, il faut que la tumeur touche, comprime ou envahisse une partie sensible du corps. Ainsi, l’apparition de douleurs dépend de la localisation de la tumeur(1).

Les douleurs provoquées par les traitements du cancer

Les traitements du cancer sont de plus en plus efficaces mais ils peuvent être éprouvants. Ils provoquent des effets indésirables, souvent à l’origine des premières douleurs(1).

Les douleurs dues aux maladies préexistantes

Dans 10 % des cas, la douleur est en rapport avec une maladie préexistante, l’arthrose par exemple(4).

Les douleurs neuropathiques*

Elles sont liées à une lésion des structures nerveuses par la chirurgie, la chimiothérapie ou la tumeur elle-même. Elles peuvent apparaître de manière décalée, jusqu’à plusieurs mois après les lésions(1).

(*se dit d'une douleur liée à un mauvais fonctionnement ou une lésion du système nerveux)

Comment évaluer ma douleur ?

Votre description

Parler de sa douleur n’est pas toujours facile, mais il est important que vous le fassiez. Les professionnels de santé ne peuvent pas deviner que vous souffrez. Pour vous aider, il existe plusieurs types d’outils pour évaluer votre douleur : questionnaires, schémas à compléter, règles, etc. Chaque outil a un objectif précis : mesurer l’intensité de la douleur, la localiser, trouver des mots pour la décrire, évaluer ses conséquences sur le quotidien(1).

L'examen clinique

En plus de votre description, le médecin réalise un examen non seulement de la région douloureuse mais souvent de l’ensemble du corps(1).

Comment soulager ma douleur ?

Des solutions médicamenteuses existent(1)

  • des médicaments qui agissent directement sur la douleur en fonction de son intensité (antalgiques de palier 1, 2 ou 3) 
  • des médicaments spécifiques des douleurs neuropathiques* : certains antiépileptiques ou antidépresseurs 
  • les traitements du cancer, qui ciblent la cause de la douleur lorsqu’elle est due à la tumeur
  • Autres solutions non médicamenteuses

Votre douleur pourra également être soulagée par des techniques médicales spécialisées et plus spécifiques. C’est le cas par exemple des traitements pour des douleurs osseuses comme(3) :

  • la radiothérapie antalgique : des rayons sont dirigés sur la métastase douloureuse 
  • la cimentoplastie : une résine est injectée pour consolider l’os au niveau de la métastase et soulager la douleur 
  • la chirurgie antalgique et des moyens de contention qui immobilisent un os et lui permettent ainsi de consolider

D’autres méthodes peuvent également être utilisées pour soulager la douleur : soutien psychologique, relaxation, sophrologie, kinésithérapie, massages…(1)

La douleur est-elle un signe d'aggravation de ma maladie ?

Une douleur vécue comme un signe de gravité

Si le cancer fait mal c'est que c'est grave

Certains cancers ne provoquent pas de douleurs, même à un stade avancé de la maladie. À l’inverse, le cancer peut être considéré comme guéri et des douleurs peuvent persister. La douleur n’est donc pas systématiquement un signe de gravité(1).

La peur de la récidive

Rassurez-vous, la douleur n’est pas toujours liée à une évolution de la maladie. De nombreuses autres causes peuvent intervenir : arthrose, lombalgie, douleur post-opératoire, effets du traitement ou encore anxiété(5).

La douleur dans la vie de tous les jours : que dire à mon entourage ?

La douleur que vous ressentez peut bouleverser le fonctionnement et l’équilibre de votre famille. Elle peut être source d’incompréhension entre vous et votre entourage(1).

Parlez-en avec vos proches

Il est important que vous parliez de ce que vous ressentez avec vos proches. Ils pourront alors mieux vous comprendre et vous vous sentirez soutenu. En effet, les proches ne savent pas toujours quoi dire ou comment réagir. Pour les aider, faites le 1er pas. Vous pouvez par exemple les prévenir quand vous avez besoin de vous changer les idées(1).

Ne culpabilisez pas

Parfois la réalisation de tâches très simples peut devenir vraiment difficile. Le sentiment de ne plus jouer son rôle de parent, de conjoint, d’ami comme avant, engendre un sentiment de culpabilité. C’est une souffrance particulière. Discutez-en avec vos proches ; ils sont capables de comprendre, sans vous en vouloir(1).

 

Quelques conseils pour la vie quotidienne(1)

  • Parlez-en à votre médecin qui vous orientera vers une solution adaptée 
  • Ne culpabilisez pas et parlez-en à vos proches

 

Références bibliographiques :

(1) Douleur et cancer. Prévenir et soulager la douleur tout au long de la maladie. Guide d’information pour les personnes malades et leurs proches. Juin 2007.

(2) Inca. http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Douleur/Douleurs-et-traitements. Consulté le 01 juillet 2012.

(3) Desgrandchamps F. et Cuzin E. Le cancer de la prostate. Ed. Manise. 2005.

(4) Ligue contre le cancer. Comment prévenir et soulager la douleur pendant un cancer ? Édition actualisée. Avril 2009.

(5) Société française d’étude et de traitement de la douleur. Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. La douleur en questions. Février 2008.

(6) Inca. Vivre pendant et après un cancer. 2005.

 

 

+ La fatigue

La fatigue liée au cancer est plus intense et plus difficile à gérer que la fatigue normale d’une personne en bonne santé. C’est une fatigue qui n’est pas due à un effort particulier et qui est souvent peu soulagée par le sommeil. Vous pensez peut être que cette fatigue est normale et vous hésitez à en parler. La fatigue, comme n’importe quel autre symptôme, doit être prise en compte et peut être soulagée. Il est donc important d’en parler à votre équipe soignante afin de trouver des solutions adaptées.

Quelles peuvent être les causes de la fatigue(1) ?

La fatigue liée au cancer peut être causée par différents facteurs. Il est parfois même difficile d’en déterminer la cause exacte.

Elle peut être provoquée, entre autre, par :

  • Le cancer lui-même
  • Les traitements ou certains de leurs effets secondaires
  • Les douleurs
  • Les examens, les consultations et les déplacements que cela peut engendrer
  • Une alimentation déséquilibrée
  • Une perte de poids
  • Des troubles du sommeil
  • De l’angoisse, du stress ou de la dépression

Comment décrire ou évaluer votre fatigue(1,2) ?

La plupart des patients atteints de cancer souffre de fatigue mais chacun la ressent à sa façon. La fatigue peut être continue ou intermittente, légère ou accablante.

Apprendre à reconnaître les symptômes de votre fatigue est primordial. Cela vous permettra de la décrire plus facilement à votre médecin lors de vos consultations.

Pour cela, vous pouvez tenir un journal pour noter vos moments de fatigue. Il existe aussi, des questionnaires qui peuvent vous être transmis par l’équipe soignante et qui vous permettent de noter ce que vous ressentez.

Ce qu’il est important d’évaluer :

  • L'intensité de votre fatigue (en notant par exemple de 0 à 10)
  • Les moments où vous êtes fatigué
  • Les moments où vous avez davantage d'énergie
  • Les circonstances qui aggravent votre fatigue, ou la diminuent
  • Les activités que vous avez du mal à réaliser
  • Vos inquiétudes
  • Vos heures de sommeil

Evaluer sa fatigue et son évolution vous permettront de mieux planifier vos activités, de suivre vos progrès et de savoir quand demander de l’aide.

Quels sont les professionnels de santé qui peuvent vous aider(1) ?

L’équipe soignante est accompagnée d’une équipe spécialisée en soins de support. Elle se compose de différents professionnels de santé ayant pour objectif de prendre en charge les effets secondaires liés à votre traitement. Certains peuvent prendre en charge spécifiquement la fatigue et ses conséquences, comme par exemple, le masseur-kinésithérapeute, le psychologue ou encore le diététicien ou l’assistante sociale.

Comment adapter votre vie quotidienne(1,2) ?

Ménager votre énergie

Les 3 règles essentielles pour ménager votre énergie et vous sentir mieux sont : planifiez – priorisez – ralentissez.

  • Planifiez votre journée en prévoyant des moments de repos avant et après vos activités. Organisez vos activités à des moments où vous vous sentez plus énergique. Etalez les tâches ménagères sur plusieurs jours de la semaine
  • Priorisez les tâches qui ont le plus d’importance et celles qui font le plus plaisir. Fixez-vous des objectifs réalistes. Déléguez les tâches que vous ne pouvez pas réaliser vous-même 
  • Ralentissez votre rythme, ne faites qu’une chose à la fois sans vous presser. Faites des pauses régulièrement même au milieu de vos activités

Améliorer votre sommeil

Le repos permet de faire face à la fatigue, mais la durée de repos est propre à chacun. Dosez votre sommeil et mettez-vous en condition pour bien dormir :

  • Relaxez-vous pendant une heure ou deux avant le coucher. Eteignez la télévision et écoutez de la musique douce ou prenez un bain chaud
  • Gardez votre chambre à coucher à une température fraîche, silencieuse et sombre
  • Utilisez votre chambre à coucher uniquement pour dormir
  • Essayez de garder les mêmes habitudes pour les heures de lever et de coucher
  • Limitez les siestes à moins d'une heure dans la journée et évitez de dormir en fin de journée
  • Evitez les boissons alcoolisées et la caféine en soirée

Que faire si le sommeil ne vient pas ?

  • Levez-vous et allez dans une autre pièce
  • Reprenez votre routine du coucher pour vous aider à vous relaxer
  • Retournez au lit quand vous sentez revenir le sommeil

Maintenir une activité physique

La pratique d’une activité physique aide à se sentir mieux dans son corps, à retrouver confiance en soi et à maîtriser le stress. C’est surtout le seul moyen prouvé de diminuer la fatigue(3). Il est donc recommandé de reprendre ou de débuter des exercices réguliers tels que la marche, la bicyclette ou des exercices de gymnastique.

N’hésitez pas à vous renseigner car certains organismes peuvent vous aider à retrouver une activité physique adaptée à votre situation (par exemple : La Ligue contre le Cancer, la Fédération Nationale CAMI Sport et Cancer ou le réseau de santé en cancérologie de votre région).

Penser à votre alimentation

Avec la maladie et ses traitements vous pouvez ressentir des difficultés pour vous alimenter ou une diminution de l’appétit. Cela peut engendrer un déséquilibre de votre alimentation et augmenter votre fatigue.  Essayez de garder une alimentation équilibrée, riche en protéines (viandes, poissons, oeufs, laitages) afin de maintenir votre poids et vous permettre de mieux supporter la maladie et ses traitements.

Gérer le stress et les émotions

Les personnes malades peuvent parfois donner l’impression d’être irritables, de réagir trop vivement ou d’être trop centrées sur elles. Ces symptômes peuvent être révélateurs d’anxiété ou de dépression. Pour faciliter le retour au mieux être et diminuer la fatigue liée à cet état, préférez les activités qui vous procurent du plaisir et essayez de vous concentrer sur les choses positives. L’entourage peut parfois se sentir démuni et impuissant face à l’expression de votre stress et de vos émotions. Parlez de ce que vous ressentez à une personne de confiance, à une aide extérieure (soutien psychologique) ou lors d’un groupe de parole peut vous aider à vous sentir mieux.

Conserver ou continuer ses activités

Pour certains patients, rester dans le monde du travail est une solution pour ne pas se couper des autres. Travailler permet aussi de ne pas toujours penser à la maladie. Si vous n’êtes pas trop fatigué et si vous en avez envie, vous pouvez poursuivre ou reprendre votre activité professionnelle. Il existe des adaptations possibles de votre temps de travail, vous pouvez vous renseigner auprès de l’assistante sociale de votre centre hospitalier.

Quelques conseils pour la vie quotidienne(1,2)

  • Ménagez votre énergie : planifiez, priorisez, ralentissez
  • Gérez votre stress et vos émotions
  • Fixez-vous des priorités dans la journée et dans la semaine
  • Préférez les activités qui vous font plaisir
  • Déléguez les tâches difficiles ou qui vous soucient
  • Apprenez à vous reposer
  • Essayez de maintenir une activité physique
  • Prenez le temps de bien manger
  • N’hésitez pas à exprimer ce que vous ressentez
  • Gardez des contacts avec vos proches

 

 

Références 

(1) Fatigue et cancer. Guide SOR SAVOIR patient. INCa, janvier 2005.

(2) Gérer la fatigue liée au cancer pour les personnes atteintes du Cancer . Partenariat Canadien contre le Cancer et Cancer Patient Education Network. 2012.

(3) Fatigue et Cancer. Référentiels inter-régionaux en soins oncologiques de support. AFSOS. 03/12/2010.