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Comment gérer vie professionnelle et cancer de la prostate ?

Des droits pour protéger les malades (1)

Un certain nombre de dispositifs adaptés ont été créés pour permettre le maintien ou le retour au travail des salariés atteints de cancer, reconnu comme maladie grave : autorisation d’absence, aménagement de poste et mi-temps thérapeutique, protection contre le licenciement, prise en charge totale par la sécurité sociale. Par ailleurs, des protections spécifiques sont prévues pour les salariés exposés à des risques professionnels. 

Vivre avec le cancer de la prostate

Les différentes démarches (2, 4)

Pendant et après la maladie, vous aurez à réaliser un certain nombre de démarches administratives. L’assistant(e) social(e) hospitalier(e) peut vous accompagner dans ces démarches en fonction de votre situation. Les services sociaux des régimes d’Assurance Maladie peuvent aussi vous informer, vous conseiller et vous proposer un soutien personnalisé ainsi qu’à vos proches.

Les arrêts de travail (2, 3, 4)

La fatigue et les effets secondaires des traitements entraînent souvent un arrêt de travail de quelques semaines ou quelques mois. Vous pouvez alors bénéficier, sous certaines conditions, d’indemnités journalières (IJ) qui compensent en partie la perte de vos revenus professionnels. Pour le régime général, sous réserve de remplir les conditions requises, les IJ représentent 50% du salaire brut de référence.

Dans le cadre d’un cancer, la durée maximale du versement des IJ est de trois ans. La carence de 3 jours est retenue lors du premier arrêt maladie uniquement. Par ailleurs, certaines conventions collectives ou organismes de prévoyance peuvent compléter en totalité ou en partie la perte de salaire.

Il faut prévenir votre employeur et lui envoyer l’arrêt de travail dès le premier jour, ainsi qu’à l’Assurance Maladie. Cette démarche conditionne l’évaluation et le versement des indemnités.

Arrêts de travail de plus de 3 ans (2, 4)

Au bout de 3 ans, différents cas de figure peuvent se présenter :

• Avant 60 ans, si la reprise d’activité n’est pas possible, le médecin conseil de l’Assurance Maladie prononce la mise en invalidité (en cas d’un handicap d’au moins 2/3).

• Au-delà de 60 ans, il y a mise à la retraite anticipée pour inaptitude au travail.

L’aménagement du temps de travail (4)

La mise en place d’un « mi-temps thérapeutique » peut être réalisée dès l’annonce de la maladie pour concilier traitement et travail, ou après un arrêt de travail complet. Le mi-temps thérapeutique s’organise en collaboration avec le médecin traitant prescripteur, l’employeur et le médecin du travail qui délivre l’avis d’aptitude.

Pendant cette période, l’employeur verse un salaire correspondant au temps de travail effectué. L’autre partie est versée, en totalité ou en partie, par votre Caisse d’Assurance Maladie sous forme d’indemnités journalières. Avant la fin de votre arrêt maladie, vous pouvez solliciter une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail pour étudier la faisabilité de son retour.

L’invalidité (4)

Une personne atteinte d’un cancer peut avoir accès, selon son âge, à certains dispositifs d’aides et d’allocations (notamment de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé - RQTH) de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

Pour formuler une demande à la MDPH, il faut remplir un formulaire unique qui doit obligatoirement être accompagné d’un certificat médical de moins de trois mois.

L’arrêt de travail du proche d’un malade (2)

Depuis la loi du 21 août 2003, deux types de congés d’accompagnement sont possibles :

• Le congé de soutien familial qui permet d’aider un proche handicapé ou en perte d’autonomie (non rémunéré, d’une durée de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière). Il est réservé aux personnes justifiant d’au moins 2 ans d’ancienneté dans l’entreprise. L’employeur ne peut pas refuser ce congé.

• Le congé de solidarité familiale qui permet d’accompagner un proche dont la maladie met en jeu son pronostic de vie (d’une durée de 3 mois renouvelable une fois, il peut donner lieu à une allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie) 

Sources

(1) Article « la santé au travail », Cour de Cassation, www.courdecassation.fr, consulté le 29/12/2015

(2) « Démarches sociales et cancer », collection Guide patients Cancer Info, mars 2012, InCA

(3) « Les traitements du cancer de la prostate », collection Guide patients Cancer Info, novembre 2010, InCA

(4) Site officiel de l’Institut national du cancer, ww.e-cancer.fr, consulté le 29/12/2015