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Comment diagnostiquer une leucémie lymphoide chronique ?

Diagnostic de la LLC(1) 

Le plus souvent, la LLC est découverte de façon fortuite par le médecin traitant, en l’absence de tout symptôme, lors d’un examen sanguin (hémogramme) montrant un nombre anormalement élevé de lymphocytes (hyperlymphocytose sanguine).

Diagnostic/signes cliniques (1, 2) 

Signes généraux: asthénie (terme médical de la fatigue), amaigrissement, sueurs nocturnes, hyperthermie (élévation de la température du corps au-dessus de la valeur normale).

 

Classification de Binet(3)

Cette classification publiée en 1981 est toujours utilisée. Elle repose sur l’examen clinique et l’hémogramme au diagnostic.
Elle dépend :

  • Du nombre d’aires ganglionnaires atteintes (+/- 3 aires ganglionnaires)
  • De la présence d’une cytopénie (anémie et/ou thrombopénie)

Plus de la moitié des patients sont au stade A lors du diagnostic de LLC.

 

Qu'est ce que l'examen clinique ?

L’examen clinique est l’examen pratiqué par un médecin qui, après avoir posé des questions en relation avec la maladie, vous palpe et vous ausculte (6).

L’examen clinique a pour objectif d’évaluer votre état de santé général, d’identifier les éventuels antécédents médicaux ou chirurgicaux, personnels et familiaux.

Comprendre vos examens médicaux

Au cours de votre diagnostic et pour établir votre traitement, votre médecin vous prescrira une série d’examens. Voici une synthèse brève des examens courants et de leur intérêt :

Lors du diagnostic (1,2)

La LLC est une maladie touchant des cellules sanguines. Son diagnostic est donc établi sur une simple prise de sang et repose sur: 

  • Le nombre de lymphocytes : dans un premier temps, on effectue ce que l’on appelle un hémogramme ou une numération qui consiste à compter les différents types de cellules du sang. Le diagnostic de LLC peut être évoqué si le nombre de lymphocytes est supérieur aux valeurs normales.(2)
  • L’immunophénotypage : la détermination de l’immunophénotype consiste à étudier les molécules (ou marqueurs) présents à la surface des lymphocytes. Ces marqueurs sont en quelque sorte la « signature » de la maladie. Cet examen permet ainsi d’affirmer le diagnostic de la LLC. L’immunophénotypage est réalisé par un laboratoire spécialisé.(2)

La plupart du temps, aucun autre examen complémentaire n’est nécessaire pour établir le diagnostic de la LLC. Il est cependant possible qu’un scanner soit demandé par le médecin, notamment lorsqu’il a détecté des ganglions au cours de l’examen clinique. Parfois, un examen microscopique de moelle osseuse peut être indiqué ainsi que l’étude des chromosomes et des gènes des lymphocytes pathologiques (examen cytogénétique). 

La première évaluation pronostique est déterminée par des critères liés à l’état clinique et à l’hémogramme : c’est la classification pronostique de Binet, qui distingue trois stades : A, B et C.

En majorité, les patients sont diagnostiqués au stade A (plus des 3⁄4). A ce stade, les patients relèvent d’une simple surveillance, ajustée selon l’examen clinique et certains paramètres biologiques simples.

Dans les stades B et C, une prise en charge thérapeutique pourra être indiquée. La nature du traitement différera en fonction des critères d’évolutivité ou de progression de la maladie (2).

Conduite à tenir

  • Stade A = surveillance

  • Stade B = prise en charge thérapeutique si présence de signes généraux, évolutivité rapide, splénomégalie volumineuse, masse ganglionnaire volumineuse

  • Stade C = prise en charge thérapeutique

Pendant le suivi(2, 4)

Au cours de votre traitement, d’autres échantillons de votre sang seront collectés régulièrement pour vérifier votre état de santé général, vos taux sanguins de globules rouges, de globules blancs – en particulier votre nombre de lymphocytes - de plaquettes, et comment fonctionnent votre foie et vos reins. Ces examens peuvent aussi permettre de suivre l’évolution de votre LLC et tout changement de votre organisme qui peut être induit par votre maladie.

  • Votre médecin va s’intéresser à votre nombre de lymphocytes puisqu’il peut permettre de suivre l’évolution de votre LLC.
  • Si votre taux de globules rouges est faible ou si la quantité d’hémoglobine dans vos globules rouges est basse, vous avez peut-être une anémie. Cela peut vous fatiguer et vous essouffler.
  • Les plaquettes sont de petits fragments de cellules qui aident votre sang à coaguler. Si votre taux de plaquettes est bas, votre sang risque de ne pas coaguler correctement – si vous vous coupez, cela risque de prendre plus longtemps avant d’arrêter de saigner, et vous risquez d’avoir plus facilement des hématomes.
  • Radiographie thoracique : avec cet examen, le médecin va vérifier que vos poumons et votre coeur fonctionnent normalement. Une radiographie peut aussi permettre de voir si le volume de vos ganglions thoraciques n’a pas augmenté.
  • Scanner par « tomodensitométrie » (4)par cette technique, le médecin peut construire une image 3D de l’intérieur de votre corps. Il peut vérifier si le volume de vos ganglions lymphatiques ou de votre rate n’a pas augmenté.
  • Biopsie (2,4)le médecin peut réaliser une biopsie de votre ganglion lymphatique et/ou de votre moelle osseuse. La moelle osseuse est le tissu spongieux à l’intérieur de certains os de grande taille. Une aiguille fine est utilisée pour prélever un petit morceau de votre ganglion lymphatique ou de votre moelle osseuse. Ce morceau sera examiné au microscope : ceci peut aider le médecin à déterminer le stade de votre LLC. Une biopsie de moelle osseuse contient une petite quantité d’os et de moelle osseuse.
  • Ponction de la moelle osseuse : Une ponction de moelle osseuse permet de prélever une petite quantité de moelle osseuse grâce à une aiguille placée à l’intérieur d’un os. Contrairement à la biopsie, une ponction de la moelle osseuse contient uniquement de la moelle osseuse.

Références bibliographiques :

(1) Société Française d’Hématologie. Fiche d’ information patient sur la Leucémie Lymphoïde Chronique. Mars 2009

(2) HAS. Guide Affectation de longue durée Leucémie Lymphoïde Chronique. Juin 2011

(3) Binet JL, Auquier A, Dighiero G, Chastang C, Piquet H, Goasgue, J, et al. A new prognostic classification of chronic lymphocytic leukemia derived from a multivariate survival analysis. Cancer. 1 juill 181;48(1):198-206

(4) Schmidt PM, Cornu P, Angelillo-Scherrer A. Bases physiopathologiques en hématologie générale. Société Française d'hématologie, 2013

(5) American Cancer Society. Signs and symptoms of chronic lymphocytic leukemia. Disponible sur http://www.cancer.org/cancer/leukemia-chroniclymphocyticcll/ consulté le 15-01-2015.ou de progression de la maladie

(6) Matutes E, Wotherspoon A, Catovsky D. Differential diagnosis in chronic lym- phocytic leukaemia. Best Pract Res Clin Haematol 2007 ; 20 (3) : 367-84

(7) La prise en charge du cancer de la prostate. Guide patient - Affectation de longue durée, HAS, juin 2010