16 janvier 2019
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Portrait : mon pharmacien d’officine

 
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Qui est le pharmacien ?

Professionnel de santé de proximité, le pharmacien d’officine joue un rôle fondamental dans la prise en charge des patients cancéreux. Intervenant seul ou en coordination avec d’autres professionnels de santé, il aide les patients dans le suivi de leur maladie et de leur traitement.

Quel est son rôle ?

Action sur le traitement                       

Le pharmacien d’officine assure la conciliation médicamenteuse du traitement du patient. En tenant compte des informations disponibles sur son logiciel, en interrogeant le patient ainsi que son entourage, il dresse la liste de l’intégralité des traitements médicamenteux prescrits et non-prescrits (médecine douce) pris par le patient afin de s’assurer de leur compatibilité avec le traitement anti-cancéreux.

Le pharmacien d’officine assure ensuite le bilan de médication. Il vérifie les posologies, les moments de prise du traitement, l’adhésion du patient à son traitement. Il l’interroge sur sa tolérance au traitement et participe à la cohérence entre le projet de soins et son projet de vie. S’il constate un problème, il peut intervenir directement auprès du patient ou de ses médecins, puisqu’il assure la continuité relationnelle avec ses soignants hospitaliers et libéraux.

 

Education du patient

Le pharmacien d’officine mène également des actions éducatives auprès du patient. Il s’assure de sa compréhension du traitement, des difficultés qu’il peut rencontrer à le prendre, à manipuler les dispositifs médicaux notamment en cas d’auto-injection ou de surveillance tensionnelle. Il communique sur les signes d’alerte qui doivent l’inquiéter. Cette éducation du patient au traitement permet de le rendre acteur de sa santé.

 

Prévention des effets indésirables

Le pharmacien agit sur les effets indésirables de premier grade que peut provoquer le traitement anti-cancéreux : prurit, nausées, diarrhée, constipations. Il peut en informer le médecin traitant ou l’oncologue du patient ou lui proposer seul des conduites à tenir.

Il endosse aussi un rôle dans le repérage des effets indésirables sur le patient : s’il constate qu’il est déshydraté, qu’il perd du poids, il peut l’alerter ainsi que ses professionnels de santé.

 

Qualité de vie du patient

Le pharmacien d’officine délivre, sur prescription, des dispositifs médicaux permettant de favoriser le maintien à domicile et la qualité de vie du patient : il fournit le matériel médical, intervient dans l’aménagement de la chambre du malade. Il peut aussi l’orienter vers des programmes d’éducation thérapeutique, vers les ressources territoriales de santé. Il a un rôle d’acteur social dans un quartier.

 

« Il faut améliorer les échanges avec l’hôpital »

« Dans la prise en charge des chimiothérapies orales à domicile, le pharmacien d’officine est de plus en plus sollicité. Cependant, nous souhaiterions plus d’échanges entre la ville et l’hôpital, par le biais de la messagerie sécurisée par exemple, pour une meilleure prise en charge du patient. Souvent, nous découvrons les traitements du patient lorsque ce dernier vient à l’officine. L’objectif est de tendre vers une meilleure transmission des informations en amont de la venue du patient à l’officine afin d’anticiper la prise en charge et mieux l’accompagner. Car lorsqu’il n’est pas attendu, sa prise en charge n’est pas idéale. Ce meilleur échange avec l’hôpital permettrait aussi de remonter plus rapidement les effets secondaires, les intolérances et les problèmes liés à la prise de certains médicaments. »

Olivier Rozaire, président de l’URPS Auvergne Rhône Alpes

 

  

Article réalisé grâce à la collaboration de Félicia Ferrera, vice-présidente de l’Union régionale de professionnels de santé (URPS) Pharmaciens Provence-Alpes-Côte d’Azur (interview réalisée le 2 mai 2018) et Olivier Rozaire, Président de l’URPS Rhône Alpes (interview réalisée le 30 avril 2018)

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