11 octobre 2016
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Mon traitement et moi : je t'aime, moi non plus

 
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Toutefois, il est rare que ce rejet perdure. En général, après le coup de massue de l’annonce de la maladie, le patient souhaite recevoir rapidement son traitement pour se « débarrasser » de sa maladie. Il devient alors acteur de son traitement et de ses soins. Le combat contre la maladie est alors bien mieux engagé.

            

 

 

           

Qui annonce, qui explique ? (3)

Il revient au médecin traitant et au cancérologue, expert du médicament anticancéreux, d’expliquer le traitement. Plus l’information est réaliste - et ne passe pas sous silence ses effets indésirables -, plus elle met le patient dans un climat de confiance.

                  

 

La reformulation par l’infirmière, qui intervient dans un deuxième temps après l’annonce, permet aussi au patient de mieux accepter son plan personnalisé de soins.

 

Pourquoi un traitement peut-il avoir des effets indésirables ? (4)

Tous les traitements en général, même le moindre antidouleur, ont des effets secondaires, dits aussi, effets indésirables. Ce phénomène n’est absolument pas « réservé » aux anti-cancéreux. Tous les médicaments en génèrent. En fonction de la molécule utilisée dans le traitement, le patient peut avoir des nausées, des vomissements, une baisse du nombre de globules blancs, une chute de cheveux, etc. Et il ne faut jamais oublier que ces effets secondaires sont à mettre en balance des bénéfices que ces molécules apportent, puisqu’elles permettent de se battre pour la vie.

Aujourd’hui, fort heureusement, les malades reçoivent ce que l’on appelle des soins oncologiques de support, c’est à dire des traitements d’appoint et d’accompagnement permettant d’amoindrir les effets secondaires. 

 

                  

Qu’est-ce qu’un soin de support ? (5)

Ils sont multiples, pharmacologiques ou non, adaptés à chaque patient : par exemple l’activité physique adaptée est une bonne voie pour de nombreux malades afin de mieux accepter le traitement et avoir moins d’effets secondaires.

                      

 

 

                       

 

Les soins de support proposent une approche globale de la prise en charge du cancer. L’une de leurs fonctions est d’amoindrir le plus possible les effets indésirables pour que le traitement soit accepté physiquement et psychologiquement par le patient.

 

Pourquoi est-il absolument essentiel de bien suivre son traitement ?

Même si la réponse peut paraître évidente, il faut ne jamais la perdre de vue : il s’agit de battre le cancer. Or les effets indésirables d’un traitement ne traduisent pas son inefficacité. Les traitements sont de plus en plus efficaces. On est capable aujourd’hui de guérir un cancer sur deux. Et les chercheurs annoncent que cette proportion va très prochainement passer à deux cancers sur trois(6), en particulier grâce à la multiplication des diagnostics précoces.

Dans le traitement du cancer la dimension psychologique est très importante, que ce soit pour la volonté de lutter contre la maladie ou pour l’acceptation du traitement dans le temps. Car, au-delà du traitement en phase aiguë de la maladie, les traitements post-cancer sont prescrits pour une durée de plus en plus longue. Cinq ans pour l’hormonothérapie par exemple.

                

 

 

                    

Comment se faire aider ? (7)

Il ne faut pas hésiter à se faire aider par des spécialistes. Les psycho-oncologues aident ainsi à accepter et à respecter le traitement. Ils travaillent sur le refus, le déni éventuel, la révolte, voire, parfois, certaines formes de dépression.

                     

                         

Merci au Professeur Hervé Curé, responsable du Pôle Cancer et Maladies du sang au CHU de Grenoble, professeur des Universités et praticien hospitalier, pour son aide précieuse à la rédaction de cet article.

                         

 

 

Références bibliographiques : 

(1) « Emotions et cancer », Société canadienne du cancer, http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-journey/recently-diagnosed/emotions-and-cancer/?region=qc
(2) « Conseils pratiques – les phases psychologiques de la maladie », Gercror (Groupe Coopérateur multidisciplinaire en oncologie), http://www.canceronet.com/public/conseils/conseils03.asp
(3) « Le dispositif d’annonce du cancer », Institut national du Cancer et Ligue contre le cancer, avril 2006
(4) « Les effets secondaires », fondation belge contre le cancer, http://www.cancer.be/le-cancer/jeunes-et-cancer/les-effets-secondaires
(5) « Les soins de support », Institut national du cancer, http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Soins-de-support/Definition
(6) Selon Jacques Raynaud, Président de la Fondation ARC, http://www.fondation-arc.org/A-la-Une/notre-ambition-guerir-2-cancers-sur-3-en-2025.html
(7) Psycho-oncologie, « définition et enjeux », Société française de psycho-oncologie, http://www.sfpo.fr/la-psycho-oncologie/definition-et-enjeux.html

Interview réalisé auprès du Professeur Hervé Curé, responsable du Pôle Cancer et Maladies du sang au CHU de Grenoble, professeur des Universités et praticien hospitalier le 08/07/2016.

 

 

J’ai décidé de foncer et d’être positive

Fabienne Bouillard, atteinte d’un cancer du sein.

Quand en 2007 j’ai appris que j’avais un cancer du sein, j’ai d’abord eu peur, car j’ai perdu mes deux parents d’un cancer. J’ai beaucoup redouté les effets secondaires des traitements, car j’étais dans la comparaison de ce qu’avait vécu ma maman. Je me suis demandée comment mon corps allait réagir au traitement, si j’allais vomir, si j’allais perdre mes cheveux. Mais entre 2000, année où ma maman a eu son cancer, et 2007, la médecine a beaucoup progressée et les traitements ont évolué. Le Pr Curé m’a prescrit des soins de support à prendre avant la chimiothérapie pour éviter les vomissements. Et puis j’ai décidé d’être positive, j’ai choisi de foncer, d’autant plus que les médecins m’avaient dit qu’ils pouvaient me donner des traitements mais que c’était également à moi de me battre. J’ai donc eu 6 séances de chimiothérapie, 26 séances de radiothérapie et de la chirurgie pour l’ablation de mon sein, qui, depuis, a été reconstruit. Depuis 2008, je prends également quotidiennement à heure fixe de l’hormonothérapie pour éviter la récidive. Ce traitement devait durer cinq ans, mais le Pr Curé l’a prolongé jusqu’en 2018 car j’ai eu mon cancer jeune, et les cellules sont plus tenaces. Ce traitement bloque les hormones, ce qui m’a obligée à faire le deuil d’une grossesse éventuelle. C’est ce qui a été le plus difficile pour moi. Mais aujourd’hui, ma priorité c’est ma santé et faire en sorte que je puisse être en rémission définitive de ce cancer. Pratiquer le sport m’a beaucoup aidée. Après chaque séance de chimiothérapie, je suis allée à l’aquagym et aujourd’hui, je fais de la danse africaine.