28 novembre 2018
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L’incontinence urinaire : comment y remédier ?

 
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L’incontinence urinaire, ou perte involontaire d’urine, est un effet indésirable courant de certains traitements du cancer de la prostate. Celle-ci peut néanmoins, être limitée, voire contrôlée.

 

L’incontinence urinaire est fréquente mais souvent transitoire (1, 2, 3)

La plupart des cancers de la prostate évoluent lentement au fil des années et se manifestent souvent alors par des troubles urinaires tels que l’incontinence.

L’incontinence urinaire peut aussi survenir à la suite d’un traitementcontre le cancer. En effet, toute intervention chirurgicale (ablation de la prostate) ou traitement visant à détruire le tissu prostatique tumoral (curiethérapie, radiothérapie…) peut avoir un impact sur l’appareil urinaire. Cela s’explique par la proximité anatomique entre la prostate, la vessie et l’urtère (canal permettant l’évacuation de l’urine).

L’incontinence peut survenir plus ou moins précocement suite à l’un de ces traitements et sera le plus souvent transitoire. A titre d’exemple, plus de 95 % des patients récupèrent leur faculté de continence un an après une intervention chirurgicale.

 

Des solutions existent pour y faire face (4, 5, 6)

En cas d’intervention chirurgicale, une rééducation pelvi-périnéale est préconisée immédiatement après, voire même avant cette intervention. Elle vise à rétablir/renforcer le bon fonctionnement des muscles composant le plancher pelvien et de permettre au système urinaire périnéal de travailler de façon adéquate. Plus la rééducation sera initiée tôt, plus le délai de récupération pourra être rapide.

Les protections absorbantes représentent une autre solution à l’incontinence, sans pour autant en soigner les causes. Ces serviettes ou sous-vêtements absorbants sont spécialement conçus pour protéger les vêtements contre la perte d’urine. Le patient choisira le produit qui conviendra le mieux à son confort, et adaptera la fréquence de son renouvellement pour éviter les désagréments tels que les sensations d’humidité ou certaines odeurs.

L’étui pénien est une autre alternative. Il a pour but de drainer et collecterles urines. Placé sur le pénis à la manière d’un préservatif et relié à une poche de collecte, ce dispositif offre l’avantage d’être parfaitement étanche tout en donnant aux patients la sensation de davantage maîtriser la fonction urinaire.

Les traitements médicamenteux peuvent aussi être envisagés. Ils agissent sur la vessie en limitant sa faculté de contraction. A noter qu’ils peuvent dans certains cas entraîner une constipation, un assèchement de la bouche ou des troubles digestifs.

Le recours aux traitements chirurgicaux peut intervenir lorsque les adaptations du mode de vie ou les médicaments n’améliorent pas les problèmes urinaires. Ces traitements chirurgicaux peuvent prendre diverses formes :

  • L’injection d’agents (collagène, silicone macroplastique, cellules musculaires) à l’intérieur de l’urètre crée un œdème interne qui amplifie ses capacités de rétention en limitant le débit et qui diminue les fuites urinaires peu importantes. Les bénéfices de ce procédé peuvent diminuer dans le temps.
  • Les ballons de compression sont placés de part et d’autre à l’extérieur de l’urètre pour le comprimer et éviter les fuites. La pression de ces ballonnets est réglable manuellement, par l’intermédiaire de deux extrémités que l’on peut ponctionner sous la peau, par petites piqûres, pour gonfler ou dégonfler les ballonnets.
  • Le sphincter artificiel est une sorte de brassard qui enserre l’urètre pour le compresser et ainsi l’obturer. Il est actionné directement par le patient via une pompe placée dans le scrotum.
  • La bandelette sous-urétrale est une sorte de sangle placée sous le canal de l’urètre pour comprimer l’urètre, sans compromettre la miction.

 L’équipe soignante est là pour aider le patient afin de trouver la solution qui lui conviendra au mieux.

 

Références bibliographiques : 

1 « Cancer de la prostate : une cause d’incontinence urinaire », Assurance maladie, http://www.e-sante.fr/cancer-prostate-cause-incontinence-urinaire/actualite/586, consulté le 10 octobre 2018
2 « Cancer de la prostate », Guide ALD, Haute autorité de santé, janvier 2012, http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-03/ald_30_guide__prostate_web.pdf, consulté le 10 octobre 2018
3 « Cancer de la prostate : effets indésirables possibles », Institut national du cancer, https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Radiotherapie-externe/Effets-indesirables-possibles, consulté le 10 octobre 2018
4 « Cancer de la prostate : la prise en charge personnalisée », Association nationale des malades du cancer de la prostate, https://www.anamacap.fr/telechargement/articles/Prise-en-charge-incontinence-JS-2012.pdf, consulté le 10 octobre 2018
5 « Les traitements du cancer de la prostate », Guide Patients, Cancer Info, Octobre 2016
6 « Incontinence urinaire », Société canadienne du cancer, http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/diagnosis-and-treatment/managing-side-effects/urinary-incontinence/?region=qc, consulté le 10 octobre 2018

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