12 décembre 2018
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Focus sur… L’Institut Rafaël, parce que l’après-cancer se prépare dès le diagnostic

 
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En France, on estime qu’il y a eu 400 000 nouveaux cas de cancers en 2017. En 2008, 3 millions de de personnes de 15 ans et plus en vie en 2008 ont eu un cancer au cours de leur vie. Avec un taux de décès en baisse depuis 1980, la question de l’accompagnement et de la prise en charge de l’après cancer est aujourd’hui une priorité. C’est pour répondre à ce besoin que l’Institut Rafaël a ouvert la Maison de l’Après Cancer, une structure située en région parisienne, à Levallois-Perret, qui propose des programmes d’accompagnement personnalisés pour favoriser le processus de rétablissement et aider les patients à mieux avancer vers la reconstruction. Le Docteur Alain Toledano, Président de l’Institut Rafaël et oncologue-radiothérapeute, nous présente ce centre unique en France. (1)

 

Qu’est-ce qui a présidé à la création de l’Institut Rafaël ?

Aujourd’hui, en matière de suivi et de prise en charge des patients cancéreux, et grâce aux progrès de la médecine, les patients sont bien traités grâce aux nouvelles molécules, à la chirurgie, aux rayons etc. Et notre système de santé permet que ces soins techniques soient remboursés. En revanche, dès que l’on considère la santé dans sa globalité, c’est-à-dire également les aspects psychologique, sexuel etc., on constate que c’est rarement le cas. Nous souhaitons donc que la médecine ne soit pas uniquement centrée sur la maladie mais sur le patient. Il est essentiel de passer d’une médecine prescriptive à une médecine intégrative.

 

Quel est son objectif ?

C’est un projet pilote d’intérêt général, complémentaire à ce que proposent les établissements de soins. L’Institut Rafaël repose sur des programmes personnalisés pour les patients. L’idée est de les accompagner dans leur projet de vie global : c’est pourquoi nous avons réuni plus de 25 disciplines médicales et de support. Nous travaillons en partenariat avec des associations de patients. Les patients et les aidants bénéficient de programmes de formation, individuels comme collectifs. Enfin, nous menons également des activités de recherche. Notre volonté est que l’approche que nous proposons soit accessible au plus grand nombre, tant sur le plan géographique que financier. C’est pourquoi nous voulons nous déployer et ouvrir d’autres structures.

 

Pourquoi est-ce essentiel pour les patients ?

Le diagnostic du cancer entraîne indubitablement un traumatisme pour les patients. Il est donc nécessaire de débuter dès le diagnostic la phase de reconstruction de soi. Après les traitements, il faut pouvoir rebondir lors de la phase d’après cancer. Se reconstruire après un traumatisme est un long chemin qui demande de se réapproprier son corps, réapprendre à se nourrir, retrouver des équilibres de vie, réintégrer la vie sociale et professionnelle. C’est pour cela que l’approche doit être multiple.

 

Quels en sont les acteurs ?

A l’institut Rafaël, une cinquantaine de professionnels médicaux et paramédicaux travaillent tous ensemble autour du patient, placé au centre du projet. Chaque intervenant est un maillon de la chaîne permettant une prise en charge globale et l’accompagnement du patient mais aussi de ses proches. En pratique, nous avons formé un pôle d’excellence composé d’une vingtaine de cancérologues et spécialistes, qui travaillent déjà en réseau de soins, et autour desquels sont réunis de nombreux professionnels de santé et des soins de support : psychologue, sexologue, acupuncteur, art-thérapeute, esthéticienne, nutritionniste etc. Nous proposons également des programmes de relaxation, de gymnastique douce, salon d’onco-esthétique, centre de médecine prédictive et de recours éthiques. Notre objectif commun est de permettre à nos patients qui ont tant souffert de recouvrer une vie active et plus confortable.

 

 

Sources :

1. « Les cancers en France en 2017 : l’essentiel des faits et chiffres », publié en mars 2018 par l’Institut national du cancer (INCa)